S'il y a un homme largement connu dans le secteur du théâtre béninois et même africain, c'est sans nul doute Pascal Wannou. Très émotif et imaginatif, il s'est fait incontournable par ses expériences et son savoir-faire dans le domaine de l'art théâtral. Touche à tout, il cumule actuellement plusieurs responsabilités avec des projets aussi importants que variés.
Serge-David ZOUEME
On ne se priverait pas de le surnommer l'homme à mille casquettes. Très élancé et teint clair, Pascal Wannou est âgé de 48 ans. Comme tout bon Béninois de son âge, il est marié et père de trois enfants. L'homme chapote plusieurs structures et associations de théâtre qui témoignent de son expertise et de son dynamisme dans ce secteur certes complexe. Aisément, ses pairs lui collent l'étiquette de comédien-dramaturge. Il n'en demeure pas moins qu'il reste le président du Centre béninois de l'Institut international de théâtre. Il dirige l'Atelier théâtre du Bénin. Il préside également le Groupe de recherche et d'application en art dramatique (Graad). Tout ceci ne l'empêche de coordonner la Ligue nationale des acteurs du Bénin. Pascal Wannou est aussi le président de l'Association nationale pour l'action culturelle ; directeur du festival de la Rencontre internationale du théâtre monodrame - sa dernière trouvaille - et président de la Fédération nationale de théâtre. Plusieurs hommes en un pour impulser le développement du théâtre béninois. Ces titres qui pourraient paraître trop encombrants ne lui sont pas tombés du ciel. Il s'agit d'une reconnaissance, des résultats positifs de trente (30) années de pratique théâtrale et de dix-huit (18) années de vie associative culturelle. Qui dit mieux ?
Pascal Wannou au début d'une carrière passionnante
Il remonte dans les années 75-76 au collège du Golfe à Cotonou. Après l'étape des « Scènes net », Pascal Wannou s'est joint à d'autres jeunes épris du théâtre amateur. Il s'est fait aussitôt remarquer dans des pièces de qualité qui mobilisaient le grand monde jusque dans les années 78. Il intègre plus tard la grande scène théâtrale où il a côtoié des célébrités de la comédie dans des troupes telles que Zamahara, les Cerveaux noirs, les Muses du Bénin... Et c'est justement avec les Muses qu'il a fini par faire éclore son talent. A en croire Pascal Wannou, le théâtre en ce moment n'était pas encore professionnel. « Ceux qui s'y adonnaient le faisaient par passion », a-t-il précisé pour montrer toute la passion qui l'animait en cette période. Le travail était rigoureux et le choix des acteurs pour jouer dans des pièces comme « La lutta continua » et « Agression » était très sélectif, confesse-t-il. Néanmoins, il a été sur scène à chacune de ces représentations. Ce qui inspirait des grands hommes du théâtre à pronostiquer en faveur de Pascal Wannou. Très jeune, on voyait déjà en lui l'avenir du théâtre béninois. D'autres le donnaient pour un grand homme à des postes de responsabilité non négligeables. Parmi eux, le metteur en scène à l'époque des Muses du Bénin, Boniface Makponsè. Tels des propos de foi, tout ceci se concrétise avec le temps. C'est ainsi qu'en 1991 avec la création de l'Anatheb, il occupe pour la première fois un poste de responsabilité en matière d'organisation et de gestion des ressources humaines. Dans les années 95, il se positionne grâce à la volonté de ses pairs, à la tête du Centre béninois de l'Institut international du théâtre. Ce fut le début d'une série de responsabilités que Pascal Wannou va assumer tout au long de sa carrière encore florissante d'acteur théâtral.
Des titres, des responsabilités
A l'en croire, le Centre béninois de l'Institut international du théâtre est l'antenne nationale d'une organisation non gouvernementale qu'est l'Institut international du théâtre. Il est un regroupement d'Hommes de théâtre de tout bord, de tous les continents et de tous les pays. Pascal Wannou, à la tête de cette structure, s'efforce à favoriser les échanges entre ces hommes dans l'optique de la culture de la paix et du développement.
L'Atelier de théâtre du Bénin, l'autre structure que préside « fofo Pascal », s'occupe de la création, de la diffusion et de la formation en matière théâtrale. A travers cette association, il entend contribuer à la formation des comédiens. A cet effet, déclare-t-il, des formations sectorielles sont déjà organisées au profit des groupes de comédiens et acteurs afin de relever leur niveau surtout qu'ils seront appelés à monnayer leurs talents à l'échelle continentale et internationale. Il s'évertue actuellement à réussir cette mission.
Quant au Groupe de recherche et d'application en art dramatique, il est ouvert à tous les hommes de culture. Ses activités, selon Pascal Wannou, sont orientées vers les recherches en matière de théâtre. Il s'agira essentiellement de diagnostiquer les maux qui affectent le théâtre Béninois et d'y apporter des solutions hardies.
A travers la Ligue nationale des acteurs, Pascal Wannou travaille pour la promotion des hommes du septième art (le cinéma). Il réfléchit intensément sur les possibilités de dynamiser le cinéma béninois et de promouvoir son développement. Dans ce secteur, le Bénin a beaucoup à vendre, précise-t-il. Et pour atteindre des résultats probants, il travaille de concert avec le directeur national de la cinématographie, Akambi Akanla. D'ailleurs, il ne peut en être autrement quand on sait qu'ils travaillent tous au sein de l'Acb dans l'intérêt de la culture béninoise. A tout ceci, il faut adjoindre toutes les autres associations et fédérations pour lesquels il travaille inlassablement en faveur des hommes de culture.
D'ailleurs, il n'a pas hésité à créer la Rencontre internationale du théâtre monodrame, un festival, pour l'heure, unique en Afrique. Après une 1ère édition réussie avec des résultats très flatteurs, il nourrit déjà de belles perspectives pour la 2ème édition qui pourrait se tenir du 4 au 8 septembre prochain.
Pascal Wannou, le Fitheb et les perspectives
Même s'il a de grandes ambitions pour le Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb), l'homme reste modéré. Il réaffirme sa disponibilité à servir le Bénin culturel toutes les fois qu'il sera sollicité. « Le Fitheb, Oui !, mais pas nécessairement », semble-t-il dire.
En termes de perspectives, il entend donner plus de visibilité à son festival (Ritm). Lors de sa participation cette année au Congrès mondial du théâtre qui s'est tenu à Madrid en Espagne, beaucoup ont apprécié son ingéniosité et son aisance de créativité. Selon Pascal Wannou, il s'agit d'une note de fierté, mais également d'un défi majeur à relever et il promet s'y engager. Il projette également une tournée nationale et internationale pour le Fenat afin de promouvoir la dernière création « Lagbadja ». Il se réclame un homme d'actions.
Quant aux guéguerres dans le secteur du théâtre, il convie les uns et les autres au calme car, selon lui, le bruit n'a jamais fait du bien. Son slogan : « Ensemble pour promouvoir le théâtre béninois ».