Entretien exclusif avec Ousmane Alédji : « Le miracle du développement culturel au Bénin s'appelle espaces »

Entretien exclusif avec Ousmane Alédji : « Le miracle du développement culturel au Bénin s’appelle espaces »
Aujourd'hui tout comme hier, la question du développement culturel se pose avec acuité. Le milliard culturel, une trouvaille du régime Yayi pour aider sensiblement les artistes et acteurs culturels à sortir de l'ornière, semble ne pas avoir le quitus de toute la corporation. A travers cet entretien exclusif, Ousmane Alédji, metteur en scène, dramaturge, écrivain et expert de l'Oif fait l'état des lieux et formule des propositions pour un réel développement culturel au Bénin.

Aube Nouvelle : Quel contenu donnez-vous au développement culturel, Mr Ousmane Alédji ?

Ousmane Alédji : Merci. Le développement culturel relève d'abord du mental. Il est pensé et conçu. Sa réalisation nécessite, sans nul doute, des moyens humains, matériels et financiers. Vu sous cet angle, j'ai l'impression que le développement culturel du Bénin n'est pas encore inscrit au rang des priorités de l'Etat. Il semble ne pas être le souci partagé de nos responsables et gouvernants. Celui de faire du Bénin un véritable pôle de développement culturel. Alors que pour y parvenir, il suffit de créer un environnement socio-économique favorable à l'émergence des pratiques artistiques, bénéfiques pour les professionnels secteur par secteur. Ensuite, il faut envisager un environnement juridique pour protéger et sécuriser les différents acteurs de ce secteur. En troisième et dernier lieu, il faut mettre en place par an une dotation budgétaire ambitieuse. Il est impérieux d'initier des projets et programmes, secteur par secteur, de pourvoir les acteurs culturels de moyens financiers en vue de les aider à se rendre plus compétitifs sur le terrain. Comme vous le voyez, c'est une chaîne et le déclencheur du système reste et demeure l'Etat béninois, en l'occurrence le chef de l'Etat. Je n'ai pas le sentiment que le nôtre ait fait du développement culturel son cheval de bataille.

Depuis l'avènement au pouvoir du régime Yayi en 2006, n'avez-vous pas le sentiment que des efforts sont faits pour booster le secteur culturel béninois ?

Le président Thomas Boni Yayi a fait débloquer un milliard de francs Cfa pour le Fonds d'aide à la culture. Le « milliard culturel » comme c'est surnommé, est pour certains un miracle. Pour moi, il est une insulte pour les acteurs culturels que nous sommes. J'ai le sentiment qu'on réduit la culture, les acteurs culturels, les professionnels des arts au minimum. L'interprétation caricaturale de cette action applaudie par d'aucuns semble être ceci : « Ils ont faim, jetons leur quelque chose. Ils vont se calmer et nous laisser travailler ». Ils oublient que dans le secteur culturel, il y a du travail à faire. J'ai même le sentiment que le gouvernement du Général Mathieu Kérékou a fait mieux que celui-ci. Ça, c'est ma conviction. Organiser des concerts au Stade de l'Amitié ou au Palais des congrès, ne profite nullement aux artistes. C'est de la publicité qu'ils se font. Il ne faut pas se tromper là-dessus. Ce qui avantage les artistes, ce sont leurs propres initiatives, les projets qu'ils s'échinent à concrétiser avec les moyens de bord. Je ne vais pas blâmer le ministre de la culture. Car, la question qui se pose actuellement n'est pas une question de personne, mais de politique. Et le concepteur en chef de la politique nationale, une fois de plus, c'est le chef de l'Etat. Il est le premier à être montré du doigt. Je suis même tenté de l'accuser de non assistance aux artistes en péril. Avez-vous compté combien ils sont à nous quitter en moins de six (6) mois ? Allez demander comment et pourquoi ils sont morts. Je trouve ridicule qu'on se réunisse après pour leur rendre hommage à travers des discours élogieux. C'est un folklore grotesque et cynique. On constate déjà sur le terrain les campagnes précoces. Si ça ne change pas, on ne va pas les rater non plus. Croyez-moi.

En dépit des critiques que vous formulez, le régime actuel a tout de même eu le mérite de penser au milliard culturel qui n'existait pas du tout sous d'autres régimes ?

Oui ! Tout n'est pas morose. Il y a un effort de fait. En revanche, je ne suis pas d'avis qu'on décerne un satisfécit au gouvernement quand on sait que beaucoup restent à faire. Au moment où le pouvoir était dans la main des militaires qui n'ont forcément pas la culture culturelle, les artistes et promoteurs culturels étaient mieux traités. Mais aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Alors que le pouvoir est dans la main des Docteurs. Le président Mathieu Kérékou a quel doctorat ? Pourtant, je vous dis, il a réalisé avec l'aide des Chinois le Palais des congrès. On peut encore multiplier les exemples.

Si cette désaffection du gouvernement à laquelle vous faites allusion se vérifie, ne pensez-vous pas que les artistes et acteurs culturels sont, eux-mêmes, en parti responsables ?

Les artistes sont aussi des humains. Et donc, ils ne peuvent pas avoir tous le même niveau d'engagement, de compréhension et de militantisme. Il y en a qui préfère bénéficier des largesses du pouvoir. Il y a d'autres qui sont dans la résistance. C'est normal. Ce que moi je déplore, c'est qu'on ne prenne pas suffisamment du recul pour se demander : « Que construisons-nous ? » Malheureusement, personne n'y songe. Alors que c'est autour de ça que nous devons normalement fédérer nos énergies, nos envies et nos passions. Au contraire, la question dérange presque. Oui, j'avoue que les artistes sont en partie complices. Il y a des gens qui ont chanté pour tous les régimes et qui aujourd'hui se repositionnent pour chanter pour le changement. Je lie cette conduite de certains au dénuement, au manque de moyens. Ils sont obligés d'entrer dans des compromissions. Mais quand vous prenez du recul, vous les comprenez. C'est un peu ça. Je peux tolérer cela mais je ne défendrai pas, je ne soutiendrai pas cela.

Est-ce que vous avez eu le temps de discuter avec le ministre de la culture de tous ces ressentiments ?
Parce que vous croyez que nous avons un ministre de la culture?

Non moi, je n'ai pas mon temps à perdre. Je ne pense même pas le faire tant que les choses ne changeront pas. Nous avions un ministre qui, lui, avait l'humilité de l'écoute. On sentait en lui de l'envie même s'il était limité au niveau de sa connaissance du terrain. Il sait s'y prendre avec les artistes. Je le dis en toute sincérité. Lui et moi, nous ne sommes pas des amis. Quant à celui qui est là, j'ai l'impression qu'il est en vacance. Il ne sait pas trop où se poser et quoi faire. Le président de la République l'aurait laissé au sport. Parce que là, j'ai eu l'impression qu'il a fait bouger pas mal de choses. Mais ici au département de la culture, il est en terre étrangère. La sincérité et le respect de soi-même l'auraient obligé à démissionner tout simplement. Non pas parce qu'il est mauvais, mais parce qu'il est honnête. Mais je sais que nous attendrons longtemps.

Au vu de toutes ces dénonciations, est-ce que Ousmane Alédji, acteur culturel, est prêt aujourd'hui pour apporter son soutien au ministre de la culture ?

Sur le principe, la réponse est oui. Mais rassurez-vous, je n'entrerai dans aucun cabinet pour le moment. Si un ministre croit que je peux lui apporter mon expertise dans tel ou tel domaine, je suis prêt et disposé à le faire même gratuitement. Ce que nous voulons, c'est justement ça. Que les gens nous disent : « nous voulons vous aider, mais nous ne savons pas comment le faire. Qu'est-ce qu'il vous faut ? ». Et nous serons là pour leur donner des réponses fiables

En tant qu'expert de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qu'est-ce qu'il faut aujourd'hui pour impulser le développement réel du secteur culturel Béninois ?

Le miracle s'appelle espaces. Il nous faut des lieux. Nous avons soixante dix-sept (77) communes au Bénin. Un centre culturel municipal pourvu de bibliothèque par commune relève aujourd'hui de l'indispensable. Et c'est à notre portée. Cela coûte au maximum 100 millions de francs Cfa. Multipliez ça par 77 ; vous avez moins de 8 milliards. En une année, l'Etat béninois a couvert le territoire béninois de 77 centres culturels. Le chiffre paraît gros, mais garantit et sécurise l'avenir professionnel des artistes. Quand un artiste quitte Cotonou, il peut jouer 77 fois tout en restant au Bénin. L'obligation d'aller à l'extérieur avant de vivre de son art, ne sera plus une contrainte. On donne rendez-vous au public et on le fidélise. Les œuvres se perfectionnent, la qualité monte et on devient plus compétitif. Il est évident alors que l'artiste qui quitte Cotonou peut jouer 77 fois et faire des recettes colossales. Il peut aussi payer ses artistes, ses musiciens et lui-même peut bien manger, bien s'habiller, avoir une maison, construire un avenir pour ses enfants. C'est ça vivre de son art. Ce n'est pas autre chose. Et ce miracle est à notre portée.

Si on vous nomme aujourd'hui ministre de la culture, monsieur Ousmane Alédji, quelles seront vos priorités ?

Ministre de la culture, nom de Dieu ! (étonnement). Je ne fais pas ces rêves là. Mais bon, je vais me résoudre à faire quatre choses. La première, c'est de créer un environnement juridique qui sécurise les artistes et les acteurs culturels. Je veux parler d'un statut social avec un salaire minimum garanti pour les artistes. En second lieu, je vais mettre en place cette chaîne infrastructurelle et on peut le faire. Nous avons comme président du conseil général de l'Unesco un Béninois. C'est une aubaine. Nous allons donc monter des projets que nous lui soumettrons. L'Union européenne est là et n'attend que des projets crédibles pour les financer. En troisième lieu, nous mettrons en place un budget sur cinq (5) ans afin de faciliter l'animation des centres culturels communaux tenus par des professionnels. Ceci facilitera les productions et leur diffusion à l'interne. En quatrième lieu, je ferai en sorte que l'art béninois devienne plus compétitif. Et cela passe par le financement des festivals. On a comme l'impression qu'on en a trop alors qu'on n'en a pas du tout. Le Fitheb est un festival moribond, c'est le Directeur et son conseil d'administration qui se battent pour tenir ce festival. Donc il faut multiplier les rendez-vous internationaux pour que le Bénin devienne cette vitrine d'excellence en termes d'art tout simplement. Quand vous auriez fait ça, vous pouvez aller dormir tranquille. Les Béninois diront que c'est sous tel président que nous avons eu ceci et cela. Et Dieu sait que les artistes ont la gratitude longue.

Propos recueillis par Serge-David ZOUEME
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# Posté le mercredi 11 mars 2009 15:58

Conaasco 2009 : Les lauréats primés

Conaasco 2009 : Les lauréats primés
La 4ème du Concours national d'arts scolaire (Conaasco 2009) a connu son apothéose le jeudi 05 mars dernier. C'était à la faveur d'une soirée de gala de remises des prix Minab, de reconstitution et de reconnaissance à l'hôtel Riviera de Cotonou au cours de laquelle les douze (12) lauréats ont été récompensés.

Hermann ADIMOU (Stag)

Un trophée, un tchèque d'une valeur de 100 000 F Cfa, un pacte de matériel de travail de 50 000 F Cfa. Ce sont là, les lots reçu par les lauréats de la 4ème édition du Concours national d'arts scolaires (Conaasco 2009). Après avoir retracé les différentes étapes qui ont précédées la cérémonie de remise des prix aux lauréats, Patrick Idohou, président du Conaasco 2009, a remercié les partenaires pour la confiance qu'ils ont placée en lui en accompagnant l'initiative. A en croire le président de Conaasco 2009, Patrick Idohou, tout œuvre qui naît se doit de grandir. Pour ce faire, il sollicite l'indulgence des partenaires à soutenir les artistes en herbes afin de contribuer à une meilleure prise en charge des œuvres sélectionnées. Baraka N'Diaye, Coordonateur national du Programme de soutien aux initiatives culturelles décentralisées (Psicd), s'est dit honoré et sa participation à la cérémonie de clôture du Conaasco témoigne de sa satisfaction par rapport à la bonne exécution du projet. « Le promoteur a fait preuve de professionnalisme et de bonne gestion » a-t-il ajouté. Il a par ailleurs lancé un appel aux autres organisations qui investissent dans la culture d'accompagner Inov'art dans l'œuvre qu'ils ont entamée pour la promotion de l'art scolaire. Après une brève historique du Concours national d'arts scolaire (Conaasco), Horacio Djagbessi, représentant des lauréats a montré qu'il contribue à la promotion des talents cachés. Il encourage les candidats malheureux et promet au nom des autres lauréats de faire un bon usage des enseignements qu'ils ont reçu.
Le président du jury, Robert Dossou, le Directeur de la Direction de la promotion artistique (Dpac), Oscar Kidjo et le Directeur adjoint de cabinet du Ministre de l'enseignement secondaire, de la recherche technique et professionnel, Houessou Coovi ont tous reconnu l'importance de cette initiative.

La liste des lauréats

Volet art plastique

Catégorie : Elève
1. Elon Tossou
2. freddy Dakpogan

Catégorie : Etudiant
1. Horacio Djagbessi
2. Martin Tokponhoué
Volet arts design architecture

Catégorie : Elève
1. Euphrème Ougla
2. Josquille H. guezodje

Catégorie : Etudiant
1. Houéfa A. Gahou
2. Geoffroy Dansou

Volet arts écrit illustration

Catégorie : Elève
1. Marie A. Béhanzin
2. M. Francis Z. Kadi

Catégorie : Etudiant
1. Arinloyé S. Adiyo
2. Amour Gbovi
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# Posté le mercredi 11 mars 2009 15:50

Entretien exclusif sur le secteur culturel béninois : « Nous souffrons parce que nous n'avons pas un seul espace culturel au Bénin », dixit Ousmane Alédji

Entretien exclusif sur le secteur culturel béninois : « Nous souffrons parce que nous n’avons pas un seul espace culturel au Bénin », dixit Ousmane Alédji
Eclairé et totalement engagé aux côtés des siens, Ousmane Alédji déborde d'énergie pour impulser une réelle dynamique au secteur culturel béninois. Il s'emploie également à combattre les « vices » qui tendent à gangréner l'environnement de la culture déjà infecté par la précarité à laquelle sont condamnés les artistes. A travers cet entretien exclusif, il aborde divers sujets de l'actualité culturelle. Il n'a pas ménagé les autorités en charge du développement de ce secteur. Chose rare !

Aube Nouvelle : Monsieur Ousmane Alédji, vous êtes un acteur culturel très aguerri. Comment se porte aujourd'hui l'univers artistique et culturel béninois ?

Ousmane Alédji : Plutôt mal pour ne pas dire très mal. Quand on passe le temps à mettre le doigt sur les faiblesses des artistes et qu'en face, on n'a pas des approches de solution, le mal s'empire. C'est pour ça qu'il y a de plus en plus d'artistes qui vivent moins bien parce que la précarité dans laquelle nous vivions avant, est devenue désespérante. A force d'accepter, comme état de fait, de voir les artistes dans une espèce de débrouillardise permanente, fait que l'artiste vit de plus en plus mal. Il n'est plus en mesure de laisser voyager son imaginaire, de creuser, de prendre du recul. Il est préoccupé par les petits jobs qui font qu'il arrive à tenir la fin du mois. C'est trop, ça va très mal.

Vous êtes auteur, metteur en scène, consultant, directeur de galerie, et directeur de festival. Comment arrivez-vous à faire rimer tout ceci ?

Je coupe dans le sommeil. Il a quelque chose de particulier. Il n'est beau que lorsqu'il vous prend. Mais lorsqu'on peut résister, il faut le faire. Parce que le temps, c'est ce qu'il y a de plus précieux et de plus difficile à conquérir. Je ne suis pas difficile avec le sommeil. Je fais tout pour y résister quand je le peux. J'aime beaucoup la nuit et je la préfère au soleil qui nous brûle la peau et nous fatigue. Le bruit des moteurs, les bavardages, tout ça pollue l'environnement mental et la tranquillité des créateurs. Mais la nuit, tout est calme. Vous entendez le vent, le vent qui souffle, le sifflement des oiseaux, le clair de lune qui vous couvre. C'est magnifique la nuit. Moi je féconde dans la nuit.

Vous êtes un expert de l'OIF au Bénin pour débattre des questions culturelles. En quoi se résume votre mission ?

Elle est essentiellement théâtrale. La mission consiste à fait savoir ce que vous venez de dire au Bénin et dans toute l'Afrique francophone. Ensuite, essayer de former ou de diriger les porteurs de projets qui pourraient être amenés à faire des projets et à les soumettre à l'OIF et après aller là-bas siéger et défendre ces dossiers comme étant des dossiers d'Afrique. Nous sommes deux, un Congolais et moi, à représenter l'Afrique dans une Assemblée de 17 ou 18 experts francophones pour défendre les dossiers africains.

La gestion du milliard culturel défraie encore la chronique ces derniers temps. Etes-vous satisfaits de cette gestion ?

Il est difficile de répondre par l'affirmative. Même si on a quelques sympathies pour notre directrice qui est actuellement « chahutée », « agressée », « secouée » de toutes parts par les artistes, les groupes d'intérêts, les associations d'artistes. Tout le monde se jette sur elle. Dans un environnement où il n'y a pas de critères, pas de règles, pas de manuels de procédure, où ça se fait selon l'humeur du ministre ou du patron, c'est difficile pour une directrice de savoir quoi faire, de résister à tout moment. Mais cela n'excuse pas le fait que le milliard ne soit pas géré avec plus de méthode. Pour l'instant, c'est nouveau et il faut prendre le temps de construire une charpente crédible que tout le monde gravirait pour bénéficier du milliard. Il faut de la méthode.

En avez-vous bénéficié ?

J'ai monté un projet qui a bénéficié de façon presque symbolique du soutien du Fonds d'aide à la culture. Mais que j'en bénéficie ou pas, je mets sur mes affiches, mes banderoles, mes communiqués, le Fonds d'aide à la culture comme représentation d'une forme de présence du gouvernement béninois. Même si le pouvoir public ne l'a pas encore compris, il est important pour les acteurs culturels que nous sommes, de faire comprendre à nos partenaires que dans notre pays, il y a des structures qui nous accompagnent de temps en temps pour qu'ils ne croient pas que sans eux nous ne pouvons rien. Le Fonds d'aide et moi sommes en de bons termes. Je n'ai pas besoin d'aller leur prendre de l'argent avant de dire qu'ils sont là.
Le programme de soutien aux initiatives culturelles décentralisées (Psicd) sera très bientôt en fin de mission. On se souvient que vous aviez adressé une lettre ouverte au ministère de tutelle sortant pour plaider la reconduction de ce programme d'appui aux initiatives culturelles décentralisées. Mais tout porte à croire que votre plaidoyer n'a pas été pris en compte. Quel est votre sentiment par rapport à cet état de choses ?
J'ai été après approché, je vous le dit très sincèrement, à la fois par le chargé de programmes de l'Union européenne, par la présidente de la Commission européenne au Bénin et j'ai aussi écouté le coordonnateur du Programme et son équipe. Le sentiment que j'ai, c'est que c'est trop tard pour eux et pour nous de tout remettre en cause parce que tout a été ficelé malgré la présence des représentants du gouvernement béninois, à savoir le ministère de l'économie et des finances et le ministère de la culture. Ils étaient là et ils ont mangé des miettes sur nos têtes. Eux autres, aujourd'hui, ne peuvent plus rien faire, sinon essayer d'intégrer au niveau de la structure à mettre en place les suggestions et remarques que nous leur faisons pour que la culture à ce niveau là, ne soit pas totalement diluée. Nous craignons que n'importe qui ne se proclame pas opérateur culturel parce qu'il y a de l'argent et que la misère galopante des artistes, que nous dénonçons, n'ait plus du tout de solutions. Le Psicd disparaît, mais la nouvelle structure va capitaliser les acquis de ce dernier en plus des remarques et suggestions que nous leur avons faites pour que le déploiement du prochain projet soit vraiment au profit des acteurs culturels béninois.

Un mot à l'endroit du public culturel béninois

C'est quand c'est gratuit que ça devient plus difficile. Aujourd'hui, pour ce qui nous concerne à Artistique Bénin, nous tournons dans cinq (5) villes du Bénin dont Porto-Novo, Lokossa, Abomey, Parakou et Cotonou une exposition itinérante de trois (3) artistes majeurs, deux (2) Béninois et un (1) Camerounais qui est à l'espace public où tout le monde peut aller voir. Quand l'exposition se fait dans les galeries, qui sont des lieux de cloisonnement, des espaces marginaux, c'est compliqué pour un public profane de se donner ce temps-là. Mais quand l'art descend dans la rue, il faut que le public de l'art aille à la rencontre de l'art, sinon on ne pourra plus rien pour lui. La seconde chose, c'est qu'il milite avec nous. La solution miracle passe par les espaces. Je travaille comme expert consultant et je peux vous dire que c'est sur ça que s'appuie d'ailleurs les politiques culturelles. Nous souffrons parce que nous n'avons pas un seul espace culturel au Bénin. Il n'y a pas de théâtre, pas de centre culturel béninois et depuis près de 50 ans que nous sommes indépendants. C'est inexcusable. Les populations doivent militer avec nous pour que nous ayons le centre culturel municipal de la ville pour que quand un artiste quitte Cotonou, il puisse jouer au Bénin au moins soixante (60) fois. Quand un artiste peut présenter son spectacle ou son tableau dans 60 lieux différents, ça multiplie ses chances de recette par 60. Il existe comme artiste et son travail progresse. Nous avons les moyens de le faire et ce qui nous manque c'est la tête, le manque d'âme, l'envie de le faire et je trouve ça triste. On n'a plus de cancre à la tête de ce pays. Ce sont des gens qui ont tous des doctorats, donc qui savent lire et écrire. Je ne comprends pas pourquoi on ne le fait pas. Ça commence vraiment à m'énerver, cette histoire.

Propos recueillis par : Serge-David ZOUEME

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# Posté le vendredi 13 février 2009 08:21

Deuil dans le monde des artistes béninois : Love Affo rend l'âme, le micro à la main

Deuil dans le monde des artistes béninois : Love Affo rend l’âme, le micro à la main
Telle une traînée de poudre, la triste nouvelle a rapidement fait le tour de Cotonou. Love Affo, artiste béninoise de la musique moderne a rendu l'âme dans des conditions qui paraissent encore floues au public et surtout à ses fans.

Serge-David ZOUEME

La plus ivoirienne des artistes béninoises, Love Affo, n'est plus. Elle est passée de la vie à trépas, ce week-end, dans des conditions non encore élucidées. Selon les indiscrétions, elle aurait vomi du sang et sa tension aurait chuté.
Si à Cotonou, l'information macabre a surpris plus d'un, à Abidjan en Côte d'Ivoire, on annonçait déjà la mort de Love Affo, la Reine des Araignées et la créatrice de la danse de l'araignée. A travers un entretien téléphonique, le lundi 1er décembre 2008, avec le magazine « Top Visages », un magazine ivoirien, elle a démenti tous les soupçons qui pesaient sur son état de santé.
Certains auraient ventilé à Abidjan qu'elle serait séropositive, que de l'eau sortait de son corps. Pire, d'autres n'hésitèrent même pas pour prédire la mort de l'artiste. Face à toutes ces rumeurs, depuis Cotonou, Love Affo répondait ceci au journaliste du magazine Top Visages: « Il ne faut pas écouter les racontars. Je te dis que je ne suis pas malade. Je ne suis pas morte, il n'y a pas de l'eau qui sort de mon corps. Tout ça, c'est des conneries ». Elle poursuivait en ces termes : « Ça fait un mois que je suis ici à Cotonou. Avant ça, j'étais en tournée. Je suis allée en Afrique du Sud, au Mali, au Niger etc. On m'a dit de me reposer, donc je me repose. Je ne fais pas de spectacles. Ici au Bénin, je mange, je dors, c'est tout ce que je fais ».
Quant à sa maladie, elle précisait : « Ça a commencé par mon corps qui chauffait. J'avais perdu l'appétit, j'étais tout le temps fatiguée. Quand je suis allée consulter un médecin, il m'a dit que c'est ma tension qui était trop montée ».
En direction de ses fans, elle déclarait : « je veux dire à mes fans de se tranquilliser. Je ne suis pas morte, je ne vais pas mourir tout de suite parce que je suis dans le sang de Jésus. Les gens qui m'ont enterrée, leurs bouches ne peuvent rien me faire. Ils vont mourir avant moi. Je ne suis pas une machine, tout le monde tombe malade. Je suis fatiguée alors, je me repose, c'est tout. Ces gens qui racontent ces choses sur moi, il faut leur demander où ils prennent leurs nouvelles ».
Et le pire arriva. Love Affo rend l'âme dans la fleur de l'âge certainement bien avant certains de ses prétendus détracteurs.
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# Posté le dimanche 01 février 2009 16:11

Projet « Porto à Fond » : Un nouveau déclic pour le secteur culturel à Porto-Novo

Projet « Porto à Fond » : Un nouveau déclic pour le secteur culturel à Porto-Novo
La volonté des jeunes artistes natifs ou résidents de Porto-Novo de promouvoir la capitale du Bénin à travers sa culture, n'est plus à démontrer. Réunis au sein du « Collectif Porto à Fond 1 », ils s'engagent à travailler dans une unité d'action afin d'offrir une belle image à Porto-Novo. Ils l'ont annoncé à travers une conférence de presse, vendredi dernier, au JPN.

Serge-David ZOUEME

« Collectif Porto à Fond 1 » est un regroupement de jeunes artistes natifs de Porto-Novo ou qui y résident, très engagés pour la cause de la capitale du Bénin. Convaincus que seule l'union fait la force, ils ont décidé de créer un cadre d'échange, de discussion et d'action pour accompagner et faciliter l'émergence des jeunes talents au plan artistique et musical. Aussi, pensent-ils aider, à travers ces jeunes, à la promotion effective de la ville de Porto-Novo encore absente dans le concert des villes africaines en pleine émergence. La première trouvaille de ce collectif conduit par l'artiste Fikira du récent groupe musical « Apouké », est la réalisation d'un album qui vend les mérites de Porto-Novo.
Face aux professionnels des médias, vendredi dernier, au Jardin des plantes et de la nature (JPN) à Porto-Novo, il précise que cette œuvre phonographique qui porte les griffes de « Porto à Fond 1» est intitulé « On ne développe pas, on se développe ». Ce titre est emprunté au professeur Ki-Zerbo. A travers cet album de sept (7) titres, Fikira et les siens invitent à une prise de conscience des fils et filles de Porto-Novo et du Bénin à travailler effectivement pour l'idéal du développement. Le chef-d'œuvre est une auto-production et enregistré à Porto-Novo. Il comporte des morceaux tels que : « Femme de Porto-Novo », « Hogbonou », « J'aime Porto-Novo », « Hommage à la divinité Abessan ».
A en croire l'initiateur du projet, Fikira, l'album sera lancé le 14 février prochain, jour de la fête de la St Valentin. Dans la matinée, il est prévu une série d'activités festives au JPN et dans la soirée, on annonce un bain de nuit autour de la piscine de l'hôtel Ayélawadjè à Porto-Novo.
Pour le compte du même projet « Porto à Fond 1 », il est envisagé tous les ans l'organisation d'un festival qui sera une grande tribune d'expression et de valorisation des jeunes artistes talentueux de Porto-Novo qui excellent dans le Rap et le Hip hop. Dans deux (2) ans, il y aura « Porto à Fond 2 » avec d'autres artistes de Porto-Novo désireux d'apporter leur grain de sel à la réussite de ce projet et au développement de la ville. On annonce déjà, à cet effet, des artistes de renom à l'instar de Ricos Campos.
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# Posté le dimanche 01 février 2009 16:00