La délivrance politique de certains conseillers communaux n'est pas pour demain. Plus d'un (1) an après l'organisation des élections municipales et communales, la Cour suprême continue de délibérer par rapport au flux de recours formulés contre certains élus. A la faveur de sa récente délibération, l'institution chargée du contentieux desdites élections, a invalidé les cinq (5) sièges des conseillers élus dans l'arrondissement de Missérété-Centre, au soir du vote d'avril 2008. Selon les indiscrétions, d'autres jugements liés aux contentieux seront rendus public, les prochains jours. Ce qui suscite déjà émoi, inquiétude et interrogation au sein de l'opinion, vu qu'on s'achemine inexorablement vers la présidentielle et les législatives de 2011. Les enjeux électoraux sont plus grands et on se demande si les mêmes causes produiront les mêmes effets. La stabilité politique et la cohésion nationale en dépendent.
Serge-David ZOUEME
Quelles leçons pour les scrutins de 2011 ? Le verdict sans fin du contentieux des élections communales de 2008 constitue un germe d'instabilité et il faudra, dès lors, s'y prendre très tôt pour éviter à la nation béninoise l' « hécatombe politique » au soir du scrutin de 2011. Certains acteurs politiques pourraient tenter de jeter la pierre à la Haute juridiction, chargée du règlement du contentieux des élections communales. Elle serait lente dans sa procédure de délibération, elle maintiendrait le peuple béninois dans la fièvre et la psychose permanente des échéances électorales... Des argumentaires, pour la plupart du temps, subjectifs qui tendent à jeter du discrédit sur l'institution. Mais à y voir de près, les mobiles sont bien ailleurs.
Le mal se trouve à la racine
En effet, conformément aux dispositions de la Loi fondamentale, la Commission électorale nationale autonome (Cena) a été installée pour conduire les opérations de vote. Pour trancher avec les guéguerres politiques qui ont souvent secoué l'institution, les représentants de la mouvance présidentielle et de l'opposition ont porté leur choix sur un acteur de la société civile, en la personne de Pascal Todjinou, pour présider la Commission. Ils pensaient ainsi être à l'abri des querelles d'intérêt. Hélas, la politique s'est, à nouveau invitée, dans les débats en plénière ou en commission. Les camps ont été, du coup, divisés et les positions se sont cristallisées au détriment de l'opération. La suite reste un secret de polichinelle. Et comme on s'y attendait, au soir de la publication des résultats, des réactions sur fond de contestations ont été enregistrées. Dans le rang des « Mouvanciers » ainsi que parmi les opposants au régime, on doute de la fiabilité des résultats des élections dans telle ou telle autre commune et localité. Des voix se sont élevées pour vouer aux gémonies la Cena. Elle a été caricaturée du nom de son président. Les contestataires se sont multipliés dans les deux (2) camps. Conclusion, une flopée de recours en annulation a été formulée et adressée à la Cour Suprême, demandant la reprise, par endroits, des élections communales. Des préoccupations auxquelles l'institution essaye d'apporter des réponses conformément à son mode de fonctionnement. En témoigne sa récente délibération qui invalide les cinq (5) sièges des conseillers communaux élus dans l'arrondissement de Missérété-Centre au soir du vote d'avril 2008. Et d'autres jugements d'invalidation pourraient suivre, les prochains jours, a-t-on appris. Il y a lieu d'éviter que cette triste expérience refasse surface lors de la présidentielle et des législatives de 2011. Puisque l'enjeu est plus grand et la moindre erreur ou contestation pourrait avoir des conséquences plus graves.
La Lépi, la panacée ?
Face aux risques apparents de fraude qui pourraient conduire aux débordements, il urge de recourir à la Liste électorale permanente informatisée que le gouvernement appelle de tout son v½u. En témoigne le discours de lancement du processus de la Lépi prononcé par le Chef de l'Etat, le président Thomas Boni Yayi. A en croire les experts et techniciens, cet instrument juridique, une fois réalisé, va garantir la fiabilité des scrutins et soigner l'image de la démocratie béninoise à l'extérieur. Les uns et les autres en sont conscients en dépit de la divergence des points de vue autour de la réalisation de la Lépi. La Commission politique de supervision de la Lépi (Cps-Lépi) conduite par l'Honorable Epiphane Quenum, peine encore à instaurer la cohésion au sein de ses membres. Chacun y va de son commentaire pour crier les man½uvres du superviseur général. Mais depuis peu, le débat a beaucoup évolué. Dans le camp de la mouvance présidentielle aussi bien que de l'opposition, on est unanime à reconnaître le bien-fondé de cet outil même si, dans la forme, les uns et les autres n'arrivent pas encore à accorder leurs violons. Les leaders de l'opposition et les acteurs de la société civile plaident pour une Lépi consensuelle. Ils proposent au Chef de l'Etat, la tenue d'une table ronde qui réunira tous les acteurs impliqués dans ce processus en vue d'échanger sur la démarche à suivre pour éviter les contestations. Contrairement à ce que certains pourraient croire, le Président de la République est, sans nul doute, dans cette logique de consensus puisqu'il a déjà rencontré les membres de la Cps-Lépi et la société civile. De sources concordantes, l'entrevue avec les acteurs politiques est également prévue. Pour l'heure, il faut bien une Lépi pour les élections de 2011 et personne ne sera de trop dans cette tâche d'envergure nationale.
Serge-David ZOUEME
Quelles leçons pour les scrutins de 2011 ? Le verdict sans fin du contentieux des élections communales de 2008 constitue un germe d'instabilité et il faudra, dès lors, s'y prendre très tôt pour éviter à la nation béninoise l' « hécatombe politique » au soir du scrutin de 2011. Certains acteurs politiques pourraient tenter de jeter la pierre à la Haute juridiction, chargée du règlement du contentieux des élections communales. Elle serait lente dans sa procédure de délibération, elle maintiendrait le peuple béninois dans la fièvre et la psychose permanente des échéances électorales... Des argumentaires, pour la plupart du temps, subjectifs qui tendent à jeter du discrédit sur l'institution. Mais à y voir de près, les mobiles sont bien ailleurs.
Le mal se trouve à la racine
En effet, conformément aux dispositions de la Loi fondamentale, la Commission électorale nationale autonome (Cena) a été installée pour conduire les opérations de vote. Pour trancher avec les guéguerres politiques qui ont souvent secoué l'institution, les représentants de la mouvance présidentielle et de l'opposition ont porté leur choix sur un acteur de la société civile, en la personne de Pascal Todjinou, pour présider la Commission. Ils pensaient ainsi être à l'abri des querelles d'intérêt. Hélas, la politique s'est, à nouveau invitée, dans les débats en plénière ou en commission. Les camps ont été, du coup, divisés et les positions se sont cristallisées au détriment de l'opération. La suite reste un secret de polichinelle. Et comme on s'y attendait, au soir de la publication des résultats, des réactions sur fond de contestations ont été enregistrées. Dans le rang des « Mouvanciers » ainsi que parmi les opposants au régime, on doute de la fiabilité des résultats des élections dans telle ou telle autre commune et localité. Des voix se sont élevées pour vouer aux gémonies la Cena. Elle a été caricaturée du nom de son président. Les contestataires se sont multipliés dans les deux (2) camps. Conclusion, une flopée de recours en annulation a été formulée et adressée à la Cour Suprême, demandant la reprise, par endroits, des élections communales. Des préoccupations auxquelles l'institution essaye d'apporter des réponses conformément à son mode de fonctionnement. En témoigne sa récente délibération qui invalide les cinq (5) sièges des conseillers communaux élus dans l'arrondissement de Missérété-Centre au soir du vote d'avril 2008. Et d'autres jugements d'invalidation pourraient suivre, les prochains jours, a-t-on appris. Il y a lieu d'éviter que cette triste expérience refasse surface lors de la présidentielle et des législatives de 2011. Puisque l'enjeu est plus grand et la moindre erreur ou contestation pourrait avoir des conséquences plus graves.
La Lépi, la panacée ?
Face aux risques apparents de fraude qui pourraient conduire aux débordements, il urge de recourir à la Liste électorale permanente informatisée que le gouvernement appelle de tout son v½u. En témoigne le discours de lancement du processus de la Lépi prononcé par le Chef de l'Etat, le président Thomas Boni Yayi. A en croire les experts et techniciens, cet instrument juridique, une fois réalisé, va garantir la fiabilité des scrutins et soigner l'image de la démocratie béninoise à l'extérieur. Les uns et les autres en sont conscients en dépit de la divergence des points de vue autour de la réalisation de la Lépi. La Commission politique de supervision de la Lépi (Cps-Lépi) conduite par l'Honorable Epiphane Quenum, peine encore à instaurer la cohésion au sein de ses membres. Chacun y va de son commentaire pour crier les man½uvres du superviseur général. Mais depuis peu, le débat a beaucoup évolué. Dans le camp de la mouvance présidentielle aussi bien que de l'opposition, on est unanime à reconnaître le bien-fondé de cet outil même si, dans la forme, les uns et les autres n'arrivent pas encore à accorder leurs violons. Les leaders de l'opposition et les acteurs de la société civile plaident pour une Lépi consensuelle. Ils proposent au Chef de l'Etat, la tenue d'une table ronde qui réunira tous les acteurs impliqués dans ce processus en vue d'échanger sur la démarche à suivre pour éviter les contestations. Contrairement à ce que certains pourraient croire, le Président de la République est, sans nul doute, dans cette logique de consensus puisqu'il a déjà rencontré les membres de la Cps-Lépi et la société civile. De sources concordantes, l'entrevue avec les acteurs politiques est également prévue. Pour l'heure, il faut bien une Lépi pour les élections de 2011 et personne ne sera de trop dans cette tâche d'envergure nationale.


