Contentieux interminable des communales de 2008 par la Cour Suprême : Quelles leçons pour les scrutins de 2011 ?

Contentieux interminable des communales de 2008 par la Cour Suprême : Quelles leçons pour les scrutins de 2011 ?
La délivrance politique de certains conseillers communaux n'est pas pour demain. Plus d'un (1) an après l'organisation des élections municipales et communales, la Cour suprême continue de délibérer par rapport au flux de recours formulés contre certains élus. A la faveur de sa récente délibération, l'institution chargée du contentieux desdites élections, a invalidé les cinq (5) sièges des conseillers élus dans l'arrondissement de Missérété-Centre, au soir du vote d'avril 2008. Selon les indiscrétions, d'autres jugements liés aux contentieux seront rendus public, les prochains jours. Ce qui suscite déjà émoi, inquiétude et interrogation au sein de l'opinion, vu qu'on s'achemine inexorablement vers la présidentielle et les législatives de 2011. Les enjeux électoraux sont plus grands et on se demande si les mêmes causes produiront les mêmes effets. La stabilité politique et la cohésion nationale en dépendent.

Serge-David ZOUEME

Quelles leçons pour les scrutins de 2011 ? Le verdict sans fin du contentieux des élections communales de 2008 constitue un germe d'instabilité et il faudra, dès lors, s'y prendre très tôt pour éviter à la nation béninoise l' « hécatombe politique » au soir du scrutin de 2011. Certains acteurs politiques pourraient tenter de jeter la pierre à la Haute juridiction, chargée du règlement du contentieux des élections communales. Elle serait lente dans sa procédure de délibération, elle maintiendrait le peuple béninois dans la fièvre et la psychose permanente des échéances électorales... Des argumentaires, pour la plupart du temps, subjectifs qui tendent à jeter du discrédit sur l'institution. Mais à y voir de près, les mobiles sont bien ailleurs.

Le mal se trouve à la racine

En effet, conformément aux dispositions de la Loi fondamentale, la Commission électorale nationale autonome (Cena) a été installée pour conduire les opérations de vote. Pour trancher avec les guéguerres politiques qui ont souvent secoué l'institution, les représentants de la mouvance présidentielle et de l'opposition ont porté leur choix sur un acteur de la société civile, en la personne de Pascal Todjinou, pour présider la Commission. Ils pensaient ainsi être à l'abri des querelles d'intérêt. Hélas, la politique s'est, à nouveau invitée, dans les débats en plénière ou en commission. Les camps ont été, du coup, divisés et les positions se sont cristallisées au détriment de l'opération. La suite reste un secret de polichinelle. Et comme on s'y attendait, au soir de la publication des résultats, des réactions sur fond de contestations ont été enregistrées. Dans le rang des « Mouvanciers » ainsi que parmi les opposants au régime, on doute de la fiabilité des résultats des élections dans telle ou telle autre commune et localité. Des voix se sont élevées pour vouer aux gémonies la Cena. Elle a été caricaturée du nom de son président. Les contestataires se sont multipliés dans les deux (2) camps. Conclusion, une flopée de recours en annulation a été formulée et adressée à la Cour Suprême, demandant la reprise, par endroits, des élections communales. Des préoccupations auxquelles l'institution essaye d'apporter des réponses conformément à son mode de fonctionnement. En témoigne sa récente délibération qui invalide les cinq (5) sièges des conseillers communaux élus dans l'arrondissement de Missérété-Centre au soir du vote d'avril 2008. Et d'autres jugements d'invalidation pourraient suivre, les prochains jours, a-t-on appris. Il y a lieu d'éviter que cette triste expérience refasse surface lors de la présidentielle et des législatives de 2011. Puisque l'enjeu est plus grand et la moindre erreur ou contestation pourrait avoir des conséquences plus graves.

La Lépi, la panacée ?

Face aux risques apparents de fraude qui pourraient conduire aux débordements, il urge de recourir à la Liste électorale permanente informatisée que le gouvernement appelle de tout son v½u. En témoigne le discours de lancement du processus de la Lépi prononcé par le Chef de l'Etat, le président Thomas Boni Yayi. A en croire les experts et techniciens, cet instrument juridique, une fois réalisé, va garantir la fiabilité des scrutins et soigner l'image de la démocratie béninoise à l'extérieur. Les uns et les autres en sont conscients en dépit de la divergence des points de vue autour de la réalisation de la Lépi. La Commission politique de supervision de la Lépi (Cps-Lépi) conduite par l'Honorable Epiphane Quenum, peine encore à instaurer la cohésion au sein de ses membres. Chacun y va de son commentaire pour crier les man½uvres du superviseur général. Mais depuis peu, le débat a beaucoup évolué. Dans le camp de la mouvance présidentielle aussi bien que de l'opposition, on est unanime à reconnaître le bien-fondé de cet outil même si, dans la forme, les uns et les autres n'arrivent pas encore à accorder leurs violons. Les leaders de l'opposition et les acteurs de la société civile plaident pour une Lépi consensuelle. Ils proposent au Chef de l'Etat, la tenue d'une table ronde qui réunira tous les acteurs impliqués dans ce processus en vue d'échanger sur la démarche à suivre pour éviter les contestations. Contrairement à ce que certains pourraient croire, le Président de la République est, sans nul doute, dans cette logique de consensus puisqu'il a déjà rencontré les membres de la Cps-Lépi et la société civile. De sources concordantes, l'entrevue avec les acteurs politiques est également prévue. Pour l'heure, il faut bien une Lépi pour les élections de 2011 et personne ne sera de trop dans cette tâche d'envergure nationale.
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# Posté le mardi 08 décembre 2009 07:19

visite d'étude des unités de fabrication d'équipements agro-alimentaires au Bénin : Le CTA, le CIRAD, l'UAC et les participants font la synthèse

visite d’étude des unités de fabrication d’équipements agro-alimentaires au Bénin : Le CTA, le CIRAD, l’UAC et les participants font la synthèse
Six (6) jours d'intenses activités assorties de visites des centres et unités de fabrication d'équipements et de transformations agro-alimentaires au Sud, au Centre et au Nord du Bénin. Les concepteurs, fabricants et utilisateurs participants à la visite d'étude ont découvert les potentialités des entreprises et mini-entreprises visitées, leurs domaines d'intervention et les difficultés qui sont les leurs dans l'exercice de la profession. A l'heure du bilan, samedi dernier, au Sun Beach Hôtel à Cotonou, les uns et les autres ont exprimé leur satisfécit quant au contenu du programme élaboré par le CTA et s'engagent à mettre sur pied un réseau pour mieux échanger et s'informer sur les nouvelles opportunités qu'offre le secteur, même après l'étape de Cotonou.

Serge-David ZOUEME

En prélude à la synthèse, les participants ont eu droit à un exposé sur l'historique et le fonctionnement du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), ses secteurs d'activités et ceux qui peuvent bénéficier de ses prestations. A en croire André Vugayabagabo, coordinateur de programme sénior « Promotion de l'échange d'informations », le CTA a été créé en 1983 dans le cadre de la Convention de Lomé entre les Etats du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et les pays membres de l'Union européenne. Mais depuis 2000, il exerce ses activités dans le cadre de l'Accord de Cotonou ACP-UE. Le CTA a pour mission, informe-t-il, de développer et de fournir des services qui améliorent l'accès des pays ACP à l'information pour le développement agricole et rural, et de renforcer les capacités de ces pays à produire, acquérir, échanger et exploiter l'information dans ce secteur qui impulse la croissance économique. Il est essentiellement subdivisé en trois (3) départements opérationnels à savoir : le département « Services de communication », le département « Produits d'information et diffusion » et le département « Planification et services stratégiques », sans perdre de vue le bureau de Bruxelles. Selon André, le CTA offre des programmes tels que : le Programme commerce agricole, le Programme de TIC pour le développement et la gestion de l'information et de la communication et le renforcement des services d'information ACP. Dans le souci d'intégrer davantage les professionnels des médias dans les activités du CTA, un nouveau département vient d'être institué pour offrir des programmes et formations de qualité qui répondent aux aspirations des hommes des médias pour mieux accompagner le développement du secteur agricole dans le milieu rural. En somme, le CTA apparaît comme un interlocuteur valable des équipementiers des pays ACP qui, à travers les visites d'étude axées sur les échanges et le partage d'informations spécifiques, pourront influer sur le renforcement du secteur.

Les grandes conclusions de la visite d'étude du Bénin

L'honneur est revenu aux participants et à François Giroux de tirer les grandes conclusions de la visite d'étude sur les équipements agro-alimentaires à petite échelle en Afrique. Tour à tour, ils ont exprimé leur reconnaissance aux responsables du CTA pour avoir initié ce programme d'étude. A en croire leurs propos, l'objectif visé est largement atteint. Il reste qu'on définit, en faveur des participants à l'atelier de Cotonou, un cadre de dialogue et d'échanges sur les équipements agro-alimentaires pour le renforcement de leurs capacités et la visibilité du secteur.
François Giroux, très averti des questions d'équipements agro-alimentaires, a abordé quelques pistes de solutions qui pourraient aider les équipementiers à sortir de l'ornière. Il propose, entre autres, la mise sur pied d'une chaîne de transformation où plusieurs acteurs se regroupent pour penser le développement à travers la promotion des équipements agro-alimentaires, la fabrication de petites machines agro-alimentaires à moindre coût pour mieux intéresser les utilisateurs et promoteurs de petites unités de transformation à faible revenu qui, hélas, sont légion. Il a également insisté sur la mise sur pied d'un partenariat dynamique entre secteur public et les équipementiers pour développer l'approche vente. « Des contrats formels et réversibles doivent lier les équipementiers pour éviter d'éventuels malentendus qui pourraient constituer un frein au partenariat et au développement du secteur », a-t-il martelé. Il a exhorté les équipementiers à développer davantage l'approche marketing pour la promotion de leurs outils. Car, on constate malheureusement, qu'en dépit, des prouesses qu'ils réalisent dans le domaine, ils sont très peu visibles à l'échelle internationale et même nationale. D'où la nécessité de définir un plan de vente assorti d'une campagne communicationnelle et promotionnelle des équipements agro-alimentaires fabriqués. François Giroux a, par ailleurs, conseillé à ces acteurs la création du « Triangle » prenant en compte les concepteurs, les fabricants et les utilisateurs d'équipements. Il s'agit d'une chaîne agissante qui permettra de booster le secteur des équipements agro-alimentaires dans l'espace africain. Dans la même veine, il met l'accent sur l'organisation de la corporation, la mise en place d'un type de collaboration gagnant-gagnant et le suivi périodique du chemin parcouru par les équipementiers.
A la fin des travaux, il ressort des échanges la création, très prochainement, d'un Réseau des équipementiers de l'Afrique de l'Ouest et du Centre pour une large diffusion de l'information relative au secteur des équipements. Les experts, universitaires et chercheurs ont souhaité avoir également le sien pour développer l'approche conception des machines agro-alimentaires. L'un dans l'autre, la formule du réseau est envisagée pour renforcer la collaboration entre professionnels du monde des équipements agro-alimentaires.
Il convient, par finir, de louer les efforts du CTA qui travaille d'arrache-pied pour appuyer les équipementiers des pays ACP, à travers les échanges et le renforcement de capacités. Ceci augure d'un secteur agricole florissant et prospère.
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# Posté le dimanche 06 décembre 2009 06:48

Visite d'étude sur les équipements agro-alimentaires à Parakou : Les participants impressionnés par la prouesse de la COBEMAG

Visite d’étude sur les équipements agro-alimentaires à Parakou : Les participants impressionnés par la prouesse de la COBEMAG
Vendredi 4 décembre 2009. La visite d'étude des participants s'est poursuivie dans les unités de fabrication d'équipements agro-alimentaires installées à Parakou, au Nord du Bénin. La Coopérative Béninoise du Matériel Agricole (COBEMAG) s'est imposée nettement par sa taille, la qualité de ses équipements et son chiffre d'affaires qui, selon les indiscrétions, atteint déjà le milliard. Les concepteurs, fabricants et utilisateurs de la délégation ont été unanimes pour reconnaître les prouesses de la coopérative en dépit des polémiques internes autour de la définition son de statut.

Serge-David ZOUEME

« Leader du matériel agricole et de transformations » comme s'articule son slogan, la COBEMAG a impressionné plus d'un au regard des efforts remarquables qui y sont faits. En témoigne la diversité et la qualité remarquable de ses équipements. La visite guidée des différents ateliers, au total cinq, a permis de s'en convaincre. Des outils performants tels que les concasseurs de noix de palmiste, décortiqueuses à riz, vanneuses, antennes paraboliques, moulins à marteau, coudes, tuyauteries d'usine, remorques tracteurs, tricycles, trieuses à moulin, batteuses de riz, égreneurs de maïs, presses, râpeuses à manioc, charrues complètes sont fabriqués et commercialisés au Bénin et dans la sous-région. Ce qui donne du crédit à la Coopérative et lui a valu récemment la visite du Chef de l'Etat, le président Thomas Boni Yayi. A en croire son directeur, Seydou Imorou Karimou, la COBEMAG a été créée en 1974 par un groupement d'ouvriers qui ont décidé de conjuguer leurs efforts pour la promotion agricole dans le septentrion (Nord du Bénin). Elle compte, à la date d'aujourd'hui, 800 membres coopérateurs et 62 ouvriers permanents. La coopérative a développé des relations et des partenariats avec d'autres unités et entreprises qui interviennent dans le même domaine qu'elle, ici au Bénin tout comme à l'étranger. Cette approche de collaboration gagnant-gagnant avec d'autres centres et structures a contribué, selon M. Karimou, à la visibilité et au renommé de la COBEMAG. Elle intervient déjà au Burkina-Faso, au Mali, au Sénégal, au Togo, au Niger et dans d'autres pays de l'espace ouest-africain. A preuve, en collaboration avec l'un de ses partenaires, elle vient de gagner un marché de 950 millions de Francs Cfa en Côte d'Ivoire. Le directeur de la coopérative et ses collaborateurs n'entendent pas s'arrêter en si bon chemin. Ils promettent d'aller plus loin même si, pour l'heure, des problèmes de statut se posent à la coopérative. François Giroux a reconnu les avancées de la COBEMAG et souhaité que la direction générale et le personnel aillent également à la transformation et à l'emballage des produits agro-alimentaires. Des échanges fructueux ont mis un terme à la visite de la COBEMAG.

Le CRTA accueille les participants

11 heures 20 minutes, la délégation rallie le Centre de Recherches en Technologie Agricole (CRTA) de M. Charles Fadégnon. Une petite entreprise certes, mais qui excelle dans la fabrication de machines à igname pilé. En effet, le centre a été installé en 1998 et s'est illustré dans la conception et la fabrication des houes améliorées et des découpages de gombo. Mais très tôt, il a été assujetti à des difficultés qui ont freiné, du coup, son élan. Après deux (2) ans d'hibernation, Charles Fadégnon redonne du souffle au centre avec un personnel jeune (une vingtaine d'employés). Il s'investit aujourd'hui dans la fabrication du moulin à maïs, la décortiqueuse de riz, la presse, la pileuse électrique, la râpeuse à manioc et bien d'autres équipements agro-alimentaires. Le directeur du CRTA envisage, pour les prochaines années, l'extension de son unité pour des résultats plus grands.
Au terme de la visite d'étude à Parakou, on peut, d'ores et déjà, se réjouir de la volonté manifeste des équipementiers réunis à Cotonou par la CTA en collaboration avec le CIRAD et l'UAC de travailler ensemble pour renforcer le secteur de la fabrication des équipements agro-alimentaires. Une démarche qui, apparemment, n'était aussi développée par le passé. Au-delà de cette volonté des équipementiers de se mettre ensemble, il revient également au CTA de mettre sur pied un plan de suivi pour accompagner ces acteurs du domaine des équipements agro-alimentaires, en l'occurrence ceux réunis à Cotonou, afin qu'ils aillent au bout de leur initiative. Le développement et la croissance économique du continent en dépendent.
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# Posté le dimanche 06 décembre 2009 06:03

Visite de CEFACOM, CSFT-ATBD et SOCOME à Azovè, Abomey et Savè : Les efforts des équipementiers du Bénin profond mis en exergue

Visite de CEFACOM, CSFT-ATBD et SOCOME à Azovè, Abomey et Savè : Les efforts des équipementiers du Bénin profond mis en exergue
Une énième sortie pour les concepteurs, fabricants et utilisateurs d'équipements agro-alimentaires réunis à Cotonou dans le cadre de la visite d'étude initiée par la CTA. Ils étaient, ce jeudi, dans les locaux de CEFACOM à Azovè dans le Mono, CSFT-ATBD à Abomey dans le Zou et SOCOME à Savè dans les Collines. L'objectif est le même : mieux appréhender les efforts des équipementiers du Bénin profond et les difficultés qui sont les siennes dans l'exercice de la profession.

serge-David ZOUEME

Le Centre de formation, de fabrication et d'ajustage en construction métallique (CEFACOM) situé à plus de cent kilomètres de Cotonou a accueilli, en premier lieu, les participants pour le compte de la journée du jeudi. Il sonnait 10 heures 15 minutes. André Vugayabagabo, expert du CTA, précise le contexte de la visite. Il s'agit, martèle-t-il, d'une sortie d'étude initiée en faveur des concepteurs, fabricants et utilisateurs d'équipements agro-alimentaires afin de leur permettre de mieux cerner les conditions de travail dans les unités de fabrication et entreprises de transformation agro-alimentaires, et partant envisager un cadre d'échanges francs pour jeter les bases d'une coopération Sud-Sud entre acteurs de la même corporation. Il s'en est suivi la présentation mutuelle des participants et du personnel du CEFACOM. Paul Houssou, directeur du centre, présente son entreprise. En effet, créé en 1998 après de multiples expériences professionnelles de son initiateur sur le terrain, le centre s'est spécialisé dans la fabrication des machines agro-alimentaires et la réalisation des pièces de rechange. A en croire M. Houssou, CEFACOM s'est illustré à plusieurs occasions. Sa participation aux foires commerciales à l'échelle nationale et internationale lui a valu des distinctions, attestations et autres reconnaissances. C'est dire qu'en termes clairs, le centre porte bien son nom. Cependant, des difficultés se posent encore à lui. Le directeur général a évoqué, entre autres, le manque d'accès aux marchés publics, l'insuffisance des moyens financiers et humains pour atteindre des résultats plus importants et la méfiance de certains utilisateurs d'équipements à faire confiance aux concepteurs et fabricants locaux. Il en appelle donc à la conscience des autorités étatiques, censées d'apporter leur soutien aux équipementiers, surtout nationaux. Face à ces préoccupations, François Giroux du CIRAD n'a pas tenu la langue de bois. Il a exhorté les équipementiers comme M. Houssou à croire en eux-mêmes et en leurs potentialités, car le miracle ne se produira jamais. « Il faudra que, très tôt, vous vous constituez en groupement ou en association pour des initiatives collectives avec des objectifs clairs. A cet instant, vous pouvez mieux échanger et beaucoup profiter des opportunités du secteur », a-t-il dit avant de souligner que les interlocuteurs valables des équipementiers des pays africains ne sont pas les bailleurs de fonds qui peuvent, à chaque instant, orienter les recherches et créations dans le sens qu'ils veulent. « Il revient plutôt à vous de développer des relations commerciales avec les utilisateurs, les transformateurs et producteurs des produits agro-alimentaires qui, hélas, n'ont pas encore une connaissance assez large et parfaite des fabrications existantes », a-t-il conseillé aux équipementiers. Ces derniers ont visiblement adhéré à cette proposition puisqu'ils agitent déjà, en leur sein, l'idée de réseau et de partenariat pour mieux promouvoir leurs activités dans l'espace africain. La délégation s'est, ensuite, dirigée vers l'atelier pour la visite des équipements fabriqués dans ce centre. On y a découvert divers types de râpeuse à manioc, le mélangeur, la rouleuse et les presses. La qualité des machines a séduit plus d'un. Ce qui a donné lieu à un débat intéressant et enrichissant qui augure d'un lendemain radieux pour le secteur des équipementiers.

CSFT et SOCOME à l'honneur

Cap a été aussitôt mis sur le Centre de séchage des fruits tropicaux à Abomey. Implanté dans un cadre qui bénéficie de quelques commodités, CSFT-ATBD intervient dans la production du jus d'ananas et d'ananas séchés. Sous la direction du responsable du centre, Apollinaire Ahanhanzo, les participants ont visité les locaux de l'unité et touché du doigt le circuit de production du jus et l'approche vente à l'international qui y est développée. Des techniques de production telles que le préchauffage, la pasteurisation et la mise en bouteille ont été expliquées aux membres de la délégation. Diverses préoccupations ont été soulevées et des réponses appropriées ont été apportées pour éclairer la lanterne des intervenants.

14 heures 20 minutes. Le cortège de la délégation des participants s'est ébranlé en direction de Savè dans les Collines pour la visite des installations de l'unité de SOCOME. Situé au bord de la voie Inter-Etats Bénin-Niger, cet atelier et service de transformation métallique fabrique des machines de transformation et de scierie. Il s'est spécialisé, par ailleurs, dans la fabrication d'équipements pour la transformation de noix d'anacarde (cajou). A en croire le directeur, Omer Onidjè, SOCOME a été porté sur les fonds baptismaux en 1999. Aujourd'hui, il développe aussi la fabrication des cuiseurs, chaudières, concasseurs manuel et à pédale dont la capacité est de ¬60¬ kilogrammes de noix de cajou par jour. Omer Onidjè n'a pas occulté les difficultés liées à son centre. Elles ont nom : accès difficile à la matière première et le rétrécissement du marché d'écoulement des équipements fabriqués. Autant de réalités qui émoussent les ardeurs des équipementiers et en premier rang, Omer Onidjè de SOCOME qui s'en est plaint. La prochaine étape sera la ville de Parakou où les participants visiteront d'autres centres et unités de fabrication d'équipements et de transformation agro-alimentaire.
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# Posté le dimanche 06 décembre 2009 05:57

Visite du NAMS et de la FSA à Ouidah et Abomey-Calavi : Le plaidoyer de Giroux pour une collaboration Sud-Sud entre équipementiers

Visite du NAMS et de la FSA à Ouidah et Abomey-Calavi : Le plaidoyer de Giroux pour une collaboration Sud-Sud entre équipementiers
La formation technique et professionnelle n'a de sens que sur le terrain. Après les étapes de Semé-Podji, Djrègbé et de Porto-Novo, la trentaine de participants à la visite d'étude sur les équipements agro-alimentaires a mis le cap, mercredi dernier, sur la ville de Ouidah et la commune d'Abomey-Calavi. Ils y ont visité, respectivement le Centre de formation et de fabrication NAMS et la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA) de l'Université d'Abomey-Calavi. Ils se sont, une fois de plus, imprégné des réalités de ces unités spécialisées intervenant dans la conception et la fabrication des équipements agro-alimentaires.

Serge-David ZOUEME

Outre les compétences qui existent déjà dans le secteur, le développement des équipements agro-alimentaires passe aussi par l'instauration d'une coopération Sud-Sud et une franche collaboration entre les équipementiers. Ce qui, hélas, n'est pas encore le cas dans l'espace africain. Le travail isolé de ces acteurs, dans les ateliers, a pris le pas sur les réflexions et efforts collectifs devant accélérer la conception et la fabrication des outils plus modernes et performants. Il convient alors de créer ce cadre de dialogue et de collaboration entre les équipementiers pour renforcer le secteur. François Giroux, professeur et chercheur au CIRAD, a, une fois de plus, invité les concepteurs et fabricants d'équipements, présents à Cotonou, à développer une réelle politique de diffusion et de vente de leurs fabrications afin de mieux servir les utilisateurs de la sous-région voire du continent. Pour y parvenir, il fait allusion à une campagne offensive de communication et des stratégies de marketing autour des unités de fabrication qui excellent déjà dans divers domaines, malgré les ressources limitées. Germain Houdékpondji, directeur du NAMS a approuvé cette suggestion avant d'informer les participants sur les efforts que son centre fait dans ce domaine.

A la découverte du NAMS

A l'initiative de feu Mgr Isidore de Souza, le « Centre Steinmetz » devenu plus tard NAMS a vu le jour dans les années 85. Il est spécialisé dans la fabrication des matériels agricoles et d'équipements de transformation agro-alimentaire. Mais, en 1990, le centre a élargi son champ d'actions en intervenant désormais dans la formation des jeunes apprenants. Sous la conduite du directeur, les différents ateliers du centre ont été visités avec un accent particulier sur les machines qui y sont fabriquées. Il s'agit, entre autres, des presseuses, fraiseuses, tour, râpeuses, clarificateurs, extracteurs égreneurs. Pour développer sa stratégie vente, le centre s'appuie sur les acteurs du monde agricole qui sont ses premiers clients. Cependant, des efforts restent à faire dans ce sens, a reconnu Germain Houdékpondji. Il a déploré le manque de soutien et le peu d'intérêt de l'Etat au centre bien qu'il soit désigné, tous les ans, comme un centre d'examen pour les candidats. Les participants ont eu droit à deux démonstrations majeures : la production du gari à partir de la transformation du manioc et la production de l'huile de palme à base de la noix de palme. Le processus ayant conduit à l'obtention des produits finis, la dynamique du personnel et la qualité des machines utilisées ont impressionné plus d'un. Selon certains, le continent africain regorge de grandes potentialités humaines qui attendent d'être valorisées.

La Faculté des Sciences Agronomiques

La visite de la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA) de l'UAC a été, à la fois, théorique et pratique. Le Doyen de la faculté, Jean-Claude Codjia, a présenté aux participants l'institut de formation. A l'en croire, 80% des étudiants formés à la FSA sont déployés au Ministère de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche du Bénin et 1200 ingénieurs agronomes y sont également formés à la date d'aujourd'hui. La faculté dispose de plusieurs départements et centres de recherche. Le système LMD y est déjà effectif grâce à l'implication du collectif des enseignants, professeurs titulaires, maîtres de conférences et maîtres-assistants. Le Département « Nutrition et technologie alimentaire » est assez développé. Plusieurs travaux y sont conduits malgré les difficultés liées au manque de ressources financières et humaines. Pour la visibilité du secteur, le professeur Jean-Claude Codjia préconise une coopération Sud-Sud entre les équipementiers et les centres de recherche comme la FSA. Un tour à l'atelier a permis aux uns et aux autres de mieux appréhender les efforts faits par les universitaires du FSA en termes de fabrication d'équipements et de transformation agro-alimentaire. A preuve, ils transforment les pommes de cajou et produisent le « Rapid'Maïs », très efficace pour la préparation de la bouillie dénommée « Akloui » au Sud du Bénin.
La visite va se poursuivre, ce jeudi, à Azovè dans le Mono, à Abomey et Savè dans le Centre du Bénin et demain vendredi à Parakou dans le Nord.
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# Posté le dimanche 06 décembre 2009 05:43